Glutamine et Cancer : Faut-il s’en méfier pendant les traitements ?

par | Août 29, 2025 | 0 commentaires

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La glutamine est un acide aminé très populaire dans le monde du sport pour la récupération musculaire et la santé intestinale. Pourtant, lorsqu’il est question de cancer, son nom suscite un vif débat. Ce questionnement s’inscrit dans une démarche plus globale où l’on reconnaît de plus en plus les bienfaits de la nutrition en oncologie pour accompagner les patients.

Alors, où se situe la vérité pour la glutamine ? Faut-il s’en méfier pendant un traitement ? Analysons la situation.

Qu’est-ce que la glutamine, au juste ? 🤔

La glutamine est l’acide aminé le plus abondant dans notre corps. Elle est considérée comme “conditionnellement essentielle”, ce qui signifie que, dans des situations de stress intense (comme une chirurgie, une infection grave ou un traitement de chimiothérapie), notre corps en consomme plus qu’il ne peut en produire.

Ses rôles principaux sont :

  • Carburant pour les cellules : C’est une source d’énergie vitale pour les cellules à division rapide, notamment celles du système immunitaire et de la paroi intestinale.
  • Réparation des tissus : Elle participe activement à la régénération des tissus, en particulier la muqueuse de l’intestin.
  • Soutien immunitaire : Elle est essentielle au bon fonctionnement de nos défenses naturelles.

L’argument POUR : Un bouclier contre les effets secondaires ✅

Les traitements comme la chimiothérapie et la radiothérapie ne ciblent pas uniquement les cellules cancéreuses ; ils endommagent aussi les cellules saines à division rapide. C’est ce qui provoque certains des effets secondaires les plus lourds.

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C’est ici que la glutamine présente un intérêt majeur. Des études ont montré qu’une supplémentation pourrait aider à :

  • Réduire la mucite : Une inflammation douloureuse des muqueuses de la bouche et du tube digestif, qui peut empêcher de s’alimenter.
  • Limiter les diarrhées : En aidant à réparer la paroi intestinale endommagée. Dans cette optique de protection digestive, de nombreuses recherches explorent aussi l’intérêt des probiotiques pour préserver l’équilibre intestinal durant les traitements.
  • Soutenir le système immunitaire : Affaibli par la chimiothérapie, il devient plus vulnérable aux infections.
  • Diminuer les neuropathies périphériques : Des douleurs et fourmillements dans les mains et les pieds causés par certains agents de chimiothérapie.

En améliorant la tolérance aux traitements, la glutamine pourrait donc permettre aux patients de suivre leur protocole jusqu’au bout dans de meilleures conditions.

L’argument CONTRE : La crainte de “nourrir la tumeur” ⛽️

La principale source de méfiance vient d’un fait bien connu en oncologie : les cellules cancéreuses sont extrêmement gourmandes. Pour soutenir leur croissance anarchique, elles consomment d’énormes quantités de nutriments, et la glutamine est l’un de leurs carburants de prédilection.

La recherche scientifique est très active sur ce sujet. Des travaux, comme la thèse de l’UCLouvain sur les “mécanismes moléculaires de l’addiction à la glutamine”, explorent précisément pourquoi et comment les cellules tumorales deviennent dépendantes de cet acide aminé. Cette “glutaminolyse” est si cruciale pour la tumeur que de nouvelles stratégies thérapeutiques visent à la bloquer. Une revue de 2024 publiée dans le Journal of Experimental & Clinical Cancer Research souligne d’ailleurs que “cibler le métabolisme de la glutamine est une stratégie thérapeutique prometteuse”.

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La crainte est donc simple et logique : en donnant de la glutamine à un patient, ne risque-t-on pas de stimuler la croissance de la tumeur qu’on cherche à détruire ?

glutamine et cancer

Que disent les études cliniques actuelles ? 🔬

C’est là que le sujet devient nuancé. Malgré le rôle biologique clair de la glutamine dans la croissance tumorale in vitro, la majorité des études cliniques menées chez l’humain n’ont pas démontré d’accélération de la croissance tumorale ni d’interférence avec l’efficacité des traitements lors d’une supplémentation.

Au contraire, de nombreuses recherches, notamment dans les cancers de la sphère ORL, colorectaux ou chez les patients recevant une greffe de moelle osseuse, ont confirmé les bénéfices de la glutamine sur la réduction des mucites et des diarrhées, sans impact négatif sur le pronostic.

L’hypothèse est que les cellules saines de l’intestin et du système immunitaire, affaiblies par les traitements, deviennent prioritaires et captent la glutamine disponible pour se réparer, “privant” potentiellement la tumeur de ce carburant supplémentaire. Les mécanismes restent complexes et la recherche se poursuit.

Une décision qui appartient au corps médical 👩‍⚕️

Il n’y a pas de réponse universelle. La décision de prendre ou non de la glutamine pendant un cancer doit être INDIVIDUELLE et IMPERATIVEMENT supervisée par l’équipe médicale. La supplémentation en un nutriment spécifique ne remplace jamais une approche globale, d’où l’importance d’un régime alimentaire spécifique au cancer, validé par des professionnels.

Il ne faut JAMAIS s’auto-supplémenter en glutamine pendant un traitement contre le cancer.

L’oncologue et/ou le médecin nutritionniste sont les seuls à pouvoir évaluer la balance bénéfice/risque en fonction :

  • Du type de cancer.
  • Du protocole de traitement en cours.
  • De l’état nutritionnel du patient.
  • Des effets secondaires rencontrés.
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À retenir : les points clés 📝

  • Potentiel Bénéfique : La glutamine a montré son efficacité pour réduire certains effets secondaires sévères des traitements (mucites, diarrhées), améliorant la qualité de vie.
  • Risque Théorique Fondé : La crainte qu’elle ne nourrisse les cellules cancéreuses est réelle et soutenue par la recherche fondamentale.
  • ⚖️ Balance Bénéfice/Risque : Seul le corps médical peut évaluer si les bénéfices potentiels (confort du patient) l’emportent sur les risques théoriques dans une situation clinique donnée.
  • 👩‍⚕️ Avis Médical Obligatoire : Toute supplémentation doit être discutée, validée et encadrée par votre équipe soignante.

Écrit par Julia

Julia est la force motrice derrière tout le contenu publié sur "Manger pour Guérir". En tant que Rédactrice en Chef, elle s'assure que chaque article respecte les plus hauts standards de qualité, en équilibrant rigueur scientifique et clarté. Avec plus de dix ans d'expérience dans la rédaction et la communication en nutrition, Julia s’est forgé une expertise unique dans l’art de rendre les informations complexes compréhensibles et motivantes. Elle est passionnée par l'idée que bien manger peut transformer la vie, et elle œuvre chaque jour pour rendre les stratégies nutritionnelles accessibles à tous.

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